Rota Vicentina : marcher la côte sauvage du Portugal
En bref : un réseau de sentiers le long du parc naturel du sud-ouest portugais. Le Chemin des pêcheurs suit la falaise au plus près, sur des sentiers de sable qui rendent la marche exigeante malgré l'absence de dénivelé. Étapes en villages, hébergement en guesthouse, praticable une grande partie de l'année.
Ce que c'est
La Rota Vicentina traverse le parc naturel du sud-ouest alentejan et de la Costa Vicentina, entre l'Alentejo et le nord de l'Algarve. C'est la portion de littoral portugais qui a échappé à l'urbanisation, protégée par un statut de parc et par un vent qui souffle sans discontinuer.
Deux itinéraires principaux, très différents.
Le Chemin historique passe par l'intérieur : chemins de terre, forêts de chênes-lièges, villages agricoles. Plus doux, plus ombragé.
Le Chemin des pêcheurs longe la falaise au plus près, sur les sentiers qu'empruntaient les pêcheurs pour rejoindre les criques. C'est le plus spectaculaire, et le plus difficile.
Pourquoi le sable change tout
Le Chemin des pêcheurs n'a presque pas de dénivelé. Et pourtant il épuise.
La raison : on marche largement dans le sable, sur des sentiers de dune où chaque pas s'enfonce. Une étape de 20 kilomètres y coûte l'énergie d'une randonnée de montagne bien plus longue.
Prévoyez des étapes plus courtes que ce que vos habitudes suggèrent, surtout les premiers jours.
Les étapes
Le réseau se parcourt par tronçons de 15 à 25 kilomètres, reliant des villages où l'on dort.
Quelques points de passage marquants : Porto Covo et son village blanc, l'île de Pessegueiro juste au large, Vila Nova de Milfontes à l'embouchure du Mira, Almograve, Zambujeira do Mar, et plus au sud Odeceixe avec sa plage en méandre.
Rien n'oblige à tout faire. Trois ou quatre étapes donnent déjà une image complète de la côte.
Dormir et manger
Guesthouses et petites pensions dans chaque village, entre 30 et 60 € la chambre double selon la saison. Il n'y a pas de refuges : on dort dans des hébergements ordinaires.
Réservez en avance au printemps et en septembre — les villages sont petits et le nombre de lits limité.
Transfert de bagages proposé par plusieurs prestataires locaux, ce qui permet de marcher léger. C'est le service qui rend l'itinéraire accessible à beaucoup plus de monde.
Le vent, à connaître avant de partir
Il souffle presque en permanence sur cette côte, souvent fort, généralement du nord.
C'est ce qui a découragé les promoteurs immobiliers et préservé le littoral. C'est aussi ce qui rend indispensable un coupe-vent, y compris en été, et ce qui explique que la marche du nord vers le sud soit plus confortable — vent dans le dos.
Quand y aller
Mars à juin : la meilleure période. Végétation en fleurs, températures douces, lumière longue.
Septembre-octobre : deuxième fenêtre, mer encore chaude pour se baigner à l'arrivée d'étape.
Juillet-août : chaud et beaucoup plus fréquenté sur les plages, même si le sentier reste calme.
Novembre à février : praticable, doux, mais journées courtes et pluies possibles. Beaucoup d'hébergements réduisent leur activité.
À emporter
- Un coupe-vent, quelle que soit la saison
- Des guêtres basses ou des chaussures montantes — le sable entre partout
- De l'eau en quantité : les points de ravitaillement sont espacés
- Une protection solaire sérieuse, il n'y a aucune ombre sur le chemin des pêcheurs
- Du liquide, tous les villages n'ont pas de distributeur
Y aller sans voiture
Des bus relient Lisbonne aux principaux villages de la côte, avec des fréquences réduites mais suffisantes pour rejoindre un point de départ et rentrer depuis un point d'arrivée.
C'est l'un des rares itinéraires de plusieurs jours en Europe de l'Ouest qui se fait entièrement sans véhicule.
Pour aller plus loin
Notre guide terrain du Portugal couvre le reste : la ligne du Douro qui remonte la vallée viticole au prix d'un billet régional, l'Alentejo que presque personne ne traverse, et les péages électroniques sans barrière qui surprennent les conducteurs étrangers.
Préparer son voyage au Portugal
Ligne du Douro au prix d'un billet régional, Alentejo que personne ne traverse, et les péages électroniques sans barrière.
